GÉORGIE, PETIT PAYS AU GRAND CŒUR

Dans les esprits, la Géorgie est au mieux un lointain pays post-soviétique, au pire une destination inconnue, éclipsée par l’état américain. Comme vous l’avez compris, la Géorgie n’est pas une destination internationale. La vaste majorité de ses 7 millions de touristes vient de l’étranger proche, c’est-à-dire de la Russie, l’Azerbaïdjan, l’Iran ou la Turquie. Mais voilà, moi j’avais choisi de travailler là-bas quelques mois comme journaliste. Cela fait maintenant 2 mois que je l’ai quittée, et pourtant j’y reste attaché. Il n’y aucun doute que la Géorgie va vite devenir la nouvelle destination touristique à la mode.

Tout d’abord, la Géorgie est un petit pays du Sud-Caucase peuplé de 6 millions d’habitants ancienne république soviétique, et de religion orthodoxe. Le pays poursuit des démarches d’adhésion à l’Organisation du traité Atlantique Nord et à l’Union Européenne. Bien que petit de par sa superficie, le pays comprend des paysages riches entre mer noire, montagnes, casinos, transhumances et villes troglodytiques. La Géorgie, après une guerre civile et différents conflits portant sur les régions autonomes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud, a entamé une conversion à l’économie de marché et la consolidation de son identité en opposition à la Russie. D’ailleurs, cet été, lors du 10ème anniversaire de la guerre d’Août 2008, les discours politiques se sont durcis. Bref, la Géorgie a beaucoup à offrir, aux touristes, comme aux « sciences pistes ».

La Gastronomie

aaaa (118).jpgPetit déjeuner à Batoumi, au bord de la Mer Noire

Les géorgiens sont très fiers de leurs spécialités, et pour être honnête, ils peuvent facilement rivaliser avec la gastronomie française. Khachapuri, Khinkali, salades, soupes, et vins sont simplement délicieux. Les fruits et légumes également. En supermarché, la bonne surprise est de voir qu’ils proviennent des producteurs locaux, pas de productions industrielles comme en France. La gastronomie géorgienne est un poème qui joue avec les goûts, les sensations et les parfums tout en rimant avec le vin. Je parle bien de vin en effet. Celui-ci représente une part importante de l’histoire locale. Le pays est d’ailleurs le premier territoire où les hommes commencèrent à produire du vin (8.000 avant J.C). La production traditionnelle se fait dans des Qveris, sorte d’urnes en céramique, dans lesquelles le vin est d’abord vieilli 6 mois. Cette technique de production est d’ailleurs classée dans le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Surprenant mais vrai.

La Géorgie sait également produire de bons fromages. Certainement fades au regard des goûts français, mais ils restent un régal avec quelques brins d’estragon, comme le veut la coutume. Plus réputées encore, mais étrange, les limonades « Lagidze », à base de chocolat ou d’estragon. On aime ou on n’aime pas. Moi je n’aimais pas.

Visiter :

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Khazbegi

TBILISI: La capitale. Finalement très proche des villes d’Europe de l’Ouest.

GORI: Un musée sur Staline ça vous tente ? Gori est la ville natale de Staline, et la dernière ville à défendre son image peut-être. Staline est le seul géorgien internationalement connu après tout.

MITSKHETA: Située à 30 minutes de la capitale, la ville a été préservée dans sa dimension médiévale, et offre de très beaux panoramas, une cathédrale et une forteresse.

KAKHETI: La région historique de production de vin.

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Batoumi

KHAZBEGI: Officiellement renommée Stepansminda, la ville est située à la frontière russe. On y trouve des montagnes, des pics enneigés et la fameuse petite église à son sommet.

BORJOMI: La destination qui m’aura le plus plu. Reposante, verte, et rappelant les villages suisses, Borjomi est une ville thermale.

BATOUMI : La cite du luxe et des coups de soleil. C’est peut-être la ville la plus chère du pays, mais elle est un mix entre Monaco et Dubaï, au bord de la mer noire, palmiers et casinos à perte de vue.

Présence Française en Géorgie

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La Finale de la coupe du Monde avec Monsieur l’Ambassadeur

La France comme dans tous les pays du monde est présente à Tbilissi. La Chambre du Commerce et de l’Industrie regroupent des investissements français d’entreprises notamment agro-alimentaires tel Lactalis. Cependant la présence économique est faible, seulement 1.4% des investissements totaux, largement devancée par l’Azerbaïdjan, le Royaume-Uni, l’Italie, le Luxembourg et les Pays bas. Sur le plan culturel, la France tire son épingle du jeu. Elle jouit d’une très bonne réputation de par ses relations anciennes. Déjà au milieu du XIX siècle, Alexandre Dumas écrivait un ouvrage sur le Caucase après sa visite en Géorgie. Suite à l’invasion de la première république de Géorgie par les soviétiques en 1921, la France accueillit le gouvernement en exil et une partie du trésor. Durant la seconde guerre mondiale, des géorgiens trouvèrent refuge en France. Enfin, en 2008, lors de la guerre d’Août qui opposa la Russie et la Géorgie, Nicolas Sarkozy pris la défense du pays, tout comme l’ambassadeur français d’alors venu agiter le drapeau français dans un camp militaire géorgien en guise d’avertissement face aux russes.

Ainsi, à Tbilissi se trouve un Institut français, une école française du Caucase, une médiathèque française et une ambassade. En 4 ans, les effectifs des étudiants géorgiens en France a augmenté de 35% (650) Beaucoup de ces étudiants veulent venir étudier en France, et c’est la raison pour laquelle, l’IFG (Institut Français de Géorgie) voit ses effectifs augmenter. Le 26 Mai 2018, Jean Yves Le Drian a signé un partenariat universitaire entre universités françaises et géorgiennes dans les domaines du digital, de l’agroalimentaire, de l’agriculture, du tourisme, et de l’œnologie. Parmi les partenaires, l’IGR de Rennes. Chaque année, la France octroie une vingtaine de bourses à des étudiants géorgiens voulant venir étudier en France. La France aide actuellement la Géorgie à acquérir les compétences nécessaires en conservation de pellicules, afin de rapatrier les films actuellement conservés en Russie.

Géopolitique Géorgienne

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Juste derrière, la frontière russe, à l’ouest, celle avec la république de facto d’Ossétie du Sud

La Géorgie est un pays résolument européen. Il cherche depuis longtemps à intégrer l’OTAN, mais se voit dans l’impossibilité de la rejoindre. En effet, la présence d’un conflit sur son sol gèle le processus d’adhésion, tout comme c’est le cas en Ukraine, et en Moldavie. Néanmoins, lors du sommet de l’Otan qui a eu lieu à Bruxelles le 11 et 12 Juillet 2018, les USA ont réaffirmé leur soutien à la Géorgie dans le cadre de leur intégration à l’OTAN et la Géorgie a renforcé sa coopération. Ainsi, la Géorgie est le premier pourvoyeur d’hommes en Afghanistan pour la mission de lutte contre le terrorisme Resolute Support Mission (RSM). Elle participera également aux opérations menées en Méditerranée et à une coopération prochaine en matière de cyberdéfense. Le prochain exercice de L’OTAN aura lieu en Mars 2019.

La Géorgie est un pays indépendant depuis 1991. Cependant, après une violente guerre civile, 3 régions ont pu revendiquer une différence. L’Adjarie d’abord, situé au sud-ouest de la Géorgie, comprenant la ville de Batoumi a coupé les ponts au sens propre et figuré avec Tbilissi au début des années 2000 avant de revenir sous le statut d’autonomie. Les deux autres régions quant à elles sont au cœur d’un conflit gelé. En Août 2008, l’Ossétie du Sud (région de Tskinvali selon les autorités géorgiennes), région nord du pays fait appel à la Russie alors que le président Géorgien, Saakashvili affirme sa volonté de supprimer l’autonomie du territoire (déjà l’objet de confrontation dans les années 1990′). La Russie fond alors sur Tbilissi avant de signer un accord de Paix avec la Géorgie. Depuis, l’Abkhazie et l’Ossétie du sud sont devenues des républiques de facto. Les deux sont économiquement dépendantes de la Fédération de Russie. Cependant, l’Abkhazie, qui fût longtemps un royaume indépendant, situé au bord de la mer Noire, pourrait plus facilement se développer que l’Ossétie, totalement enclavée, corrompue et détruite par la guerre. Ces républiques n’ont pour autant aucune reconnaissance officielle (à l’exception de la Russie, du Venezuela, Nicaragua, Syrie, Tuvalu, et Naru).

La sensibilité géorgienne à ce sujet est forte, puisque ces territoires représentent un cinquième du territoire officiel. De plus, après 2008, les deux républiques autoproclamées ont procédé à un nettoyage ethnique par l’expulsion de milliers de Géorgiens (200.000 pour l’Abkhazie).

Suite au conflit, la Géorgie s’est décidément tournée vers l’Ouest. Cependant, les conséquences majeures ont d’abord été internes. « Les leaders Géorgiens sont devenus de plus en plus intolérants envers les dissidents au nom de la sécurité nationale (…) quiconque critiquait la politique du président était accusé d’être un agent de la Russie », signalait George Mchedlishvili, membre du think tank: Royal Institute of International Affairs. Le climat s’est globalement apaisé depuis, et la situation politique progresse. Selon l’Atlas Sociologique Mondial de 2016, la Géorgie était le pays le plus démocratique du Caucase (donc devant l’Arménie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et la Russie), et plus démocratique que certains pays européens (L’Ukraine, l’Albanie, la Macédoine, le Monténégro). C’est le bon élève du partenariat oriental de l’UE.

Ainsi les géorgiens, s’ils ne détestent pas les russes, apprécieront d’entendre des mots tels que « L’autoproclamée » république d’Abkhazie.

Pour Finir

La Géorgie est un pays inattendu qui propose des paysages magnifiques allant des montagnes du Caucase, des transhumances, des fêtes folkloriques aux villes modernes, voire Haussmanniennes, des plages de Batoumi et de sa gastronomie. Le territoire, en dehors des deux zones grises est sûr, accueillant et souriant. C’est un pays en mutation qui offre la diversité des économies libérales, et la chaleur des traditions.

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Transhumances

La Géorgie en un clin d’oeil

Monnaie: Lari-GEL

TYPE DE PRISES: Compatible avec les prises françaises

SIM: Geocell / Beeline (2 Lari pour une sim locale)

VISA: Carte identité suffisante

TRANSPORTS: Marshrutka (bus) peuvent desservir l’ensemble du pays en moins de 5h. Autrement le réseau de bus Geocell est plus confortable et propose des trajets de nuits avec hôtesses, boissons et écrans individuels pour une dizaine d’euros.

Antoine Dewaest

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