ENTRETIEN AVEC JEAN-MARIE LE PEN

Entretien réalisé pour Laye Bonnes Ondes, radio de l’IEP de Saint-Germain, le 12 Décembre 2018

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Léo Perroche : Merci de nous accueillir ici, chez vous. On va commencer tout de suite.

Jean-Marie Le Pen : Attaquons !

LP : Un biographe vous décrit ainsi : « Jean-Marie Le Pen partage des idées nationalistes, que ses adversaires jugent extrémistes, voire xénophobes. Il prône une politique de lutte contre l’immigration, la préférence nationale, la relance de la démographie par la natalité« , c’est une définition qui vous convient ?

JMLP : Je ne vois pas en quoi c’est xénophobe. On peut être patriote sans être xénophobe. Je fais une différence entre les étrangers et les Français, bien sûr, avec une préférence nationale, oui, mais est-ce que c’est de la xénophobie, ça ? Est-ce que le fait que je sois l’amant de votre sœur fait que je vous haïsse ? Le fait que je sois de droite nationaliste avec une préférence nationale fait tout de suite de moi un xénophobe. Je ne déteste pas les étrangers, j’en ai pleins autour de moi, je fais juste la différence entre eux et les citoyens français, oui.

LP : Une question d’actualité vous concernant : vous aviez fait savoir que vous souhaitiez vous présenter sur la liste Rassemblement National 2019, cependant la direction du parti ne le souhaite pas.

JMLP : La direction du parti, la seule manifestation qu’on en ait eu c’est une réponse de Marine Le Pen sur Europe 1 qui a dit « non ».

LP : Vous renoncez donc si vous ne pouvez pas être sur la liste ?

JMLP : Ah je ne sais pas, Marine Le Pen a dit « non » à Europe 1, mais « souvent femme varie, bien fol qui s’y fie »

LP : Vous maintenez donc votre candidature ?

JMLP : Je maintiens ma candidature, oui.

LP : A propos de l’Europe, le projet présenté par le président au sujet d’une armée européenne vous parait-il pertinent ?

JMLP : Ça me parait être une proposition inédite, et de circonstance, de créer un armée européenne – ce que je ne crois d’ailleurs pas souhaitable s’il s’agit d’une armée fédérale, puisque je ne suis pas fédéraliste au contraire. Je préfère des armées nationales, coordonnées à l’échelon d’une alliance étroite, originale, on peut imaginer ce qu’on veut – mais pas une armée européenne de citoyens de pays différents. J’ai commandé dans une armée comme ça, ça s’appelait la Légion Étrangère et la plupart de mes légionnaires étaient allemands (rires). C’était l’armée française, mais en fait c’était une armée européenne : il y avait des allemands, des italiens, des serbes…

LP : Tout autre sujet, êtes-vous homophobe ?

JMLP : Homophobe, c’est à dire ? Quelle est votre définition de l’homophobie ?

LP : Êtes-vous contre l’homosexualité ?

JMLP : Je ne suis pas homophobe moi, je suis hétéromane. Je n’ai pas d’hostilité à l’égard des homosexuels, non. Je respecte la liberté de chacun d’avoir un comportement sexuel, pour peu qu’il soit conforme à la loi, bien sûr. J’ai de nombreux homosexuels dans mes relations et ça ne me pose aucun problème.

LP : Quand vous dites : « Il y a une inégalité entre les races, tout l’histoire le démontre », de quelles races voulez-vous parler, lesquelles seraient inférieures ?

JMLP : Ah je n’ai pas dit que des races étaient inférieures, je crois en l’inégalité des races. Je pense que le pygmée, le wolof, de la savane, ne sont pas égaux, mais ça dépend sur quel terrain. Sur le terrain du bengala quelques fois ils l’ont plus long que les européens. Ils sont parfois plus performants, mais pour ce qui est de la conquête spatiale, de la domination de la sciences, de l’exercice des mathématiques supérieurs, il n’y a pas d’égalité.

LP : Vos propos sur les chambres à gaz, pensez-vous qu’il ont été instrumentalisés, que ça vous a desservi politiquement ?

JMLP : Ah sûrement. Je regrette d’avoir été l’objet de véritables diffamations de la part de mes adversaires, bien sûr. Je regrette la falsification des mots qui a été pratiquée. Notamment la falsification de l’acception du mot « détail ».

LP : Des millions de morts, ce n’est pas vraiment un détail.

JMLP : Mais quels millions de morts ? Là questions n’est pas là. J’ai dit que je ne pouvais pas témoigner de leur existence puisque je n’en avais pas vu, je n’ai pas dit qu’elles n’existaient pas. Mais quoi qu’il en soit, c’est un détail de la Seconde Guerre Mondiale.

LP : Vous ne le rediriez pas aujourd’hui ? Ou du moins pas sous cette forme, au vu des conséquences ?

JMLP : Je ne me prononcerai pas là-dessus dans un pays où il n’y a pas de liberté d’opinion.

LP : On vous l’a laissé dire.

JMLP : Oui, on ne m’a poursuivi qu’après. Laissez-moi vous rappeler que la première fois que je suis appelé en justice, en première instance, il y a 13 plaignants, et je suis condamné à 13 francs de dommages et intérêts : un par plaignant. Et c’est le crapuleux président de la Cour d’Appel, M. Estoup, qui va transformer cette condamnation de 13 francs à 130 millions. A partir de là je suis recondamné par la 17e Correctionnelle pour avoir répondu à la question « Regrettez vous de l’avoir dit? », « non je ne le regrette pas car je pense qu’il y a là une certaine expression de la vérité ».

LP : La semaine dernière, un document est paru concernant votre mission en guerre d’Algérie et un jeune homme déclare : « Deux fils électriques étaient accrochés aux lobes de ses oreilles et le lieutenant Le Pen lui-même faisait tourner une manivelle à l’aide de laquelle il envoyait des décharges électriques dans le corps de la personne »

JMLP : Ça été dit quand ça ?

LP : La semaine dernière.

JMLP : C’est le rapport Gilles, le rapport de police de 1957 que M. Servan Schreiber avait évoqué dans la toute première heure de vérité et qu’un site algérien a ressorti la semaine dernière comme si c’était un scoop, comme si on en avait jamais entendu parler. C’est ce genre de diffamation que je vois souvent. Ça fait combien de temps que la guerre d’Algérie est terminée ? Soixante ans, soixante-cinq ans ? Le rapport date de 57 et dès sa sortie il a été controversé. Cette histoire a été réglée depuis longtemps, même devant les tribunaux d’ailleurs.

LP : On va passer à la situation du Rassemblement National en ce moment : quel regard portez vous sur ce mouvement ?

JMLP : Je ne connais pas ce jeune homme, je connais son ancêtre, dont j’ai été le fondateur et que j’ai dirigé pendant près de quarante ans (trente-neuf je crois). Mais le Rassemblement National, je n’en suis pas membre et je ne partage pas leur ligne politique. En l’occurrence je crois qu’ils sont dans la ligne que j’ai tracé il y a longtemps, surtout depuis le départ de M. Philippot, mais l’essentiel porte sur l’euro et sur l’Europe alors que moi je dit que la question fondamentale c’est l’immigration et les flux migratoires consécutifs – ou en tous les cas corrélatifs – à l’explosion démographique que nous connaissons.

LP : Vous pensez qu’un jour votre fille sera Présidente de la République au vu de ses résultats aux élections ?

JMLP : Je n’en sais rien, peut-être. C’est possible après tout, pourquoi pas ? Enfin nous sommes dans un pays de machos, en général les filles n’ont pas ce genre de postes.

LP : Lorsque Charles Consigny, chroniqueur dans On n’est pas couché, dit qu’aujourd’hui, on réussi mieux en étant « noir pauvre et PD, plutôt que blanc de classe moyenne », vous pensez que c’est vrai ?

JMLP : Il faut mieux être riche et en bonne santé dans une Cadillac que pauvre et malade dans le métro.

LP : Concernant la situation des banlieues, il y a un livre paru la semaine dernière qui s’appelle Inch’Allah de Fabrice Lhomme et Gérard Davet : ils semblent s’apercevoir qu’on assiste à une islamisation des banlieues.

JMLP : Il en aura fallu du temps pour qu’on s’en rendre compte ! C’est évident qu’il y a un repli sur soi, ethnique et religieux, dans les banlieues.

LP : Et vous pensez qu’on l’a vu trop tard ou qu’on a pas voulu le voir ?

JMLP : Ça dépend des gens. Les aveugles ne voient pas, il y a ceux qui clignent des yeux et il y a ceux qui ont les yeux ouverts. Moi je suis de ceux qui ont les yeux ouvert, il y a longtemps que je dis cela.

LP : Vous craignez, comme Gérard Collomb, la guerre civile dans ces banlieues ?

JMLP : Bien sûr.

LP : C’est possible ?

JMLP : C’est probable.

LP : Quand Nicolas Sarkozy dit qu’en matière de flux migratoires on a encore rien vu, vous pensez qu’il a raison ?

JMLP : Bien sûr, il suffit de regarder les courbes démographiques mondiales pour s’apercevoir que le chiffre de la population qui, en 50 ans, était passé de 3 à 8 milliards, est en progression constante.

LP : Pourtant quand il était au pouvoir il n’a rien fait pour l’arrêter.

JMLP : Non, ni lui ni ses prédécesseurs. C’est une situation qui est née sous Giscard et Chirac, en particulier suite à la loi de regroupement familial qui a marqué le début d’un immigration massive. Et la vague migratoire d’aujourd’hui me paraît être plus africaine que maghrébine.

LP : Mais c’est une migration économique, ils viennent en France pour vivre mieux, pour trouver du travail.

JMLP : Non, ils viennent pour profiter des supports sociaux que la France distribue généreusement, y compris aux illégaux. Si moi je monte dans votre Ferrari c’est parce que je la trouve mieux que ma Deux-Chevaux (rires)

LP : Que faut-il faire ?

JMLP : Il faudrait d’abord supprimer une grande partie des lois qui gouvernent nos rapport avec « le monde migrant », si j’ose dire. C’est à dire le droit du sol, le regroupement familial, les différentes aides sociales, la gratuité de l’enseignement… Si j’avais la possibilité de le faire, je dirais aux gens qui viennent chez nous sans y avoir été invités : « vous n’aurez rien », ni aide au logement, ni au travail, ni à l’aide sociale ni même médicale, sauf en cas d’urgence.

LP : Mais pour cela il faudrait sortir de  l’Europe, parce qu’aujourd’hui on ne peut pas le faire sans avoir des sanctions économiques de l’Union.

JMLP : Ça ne me gênerait pas de sortir de l’Union Européenne.

LP : La situation, si l’on se projette dans l’avenir, dans 20 ou 30 ans, vous l’imaginez comment ?

JMLP : Je crois que l’avenir est assez sombre, que les dangers sont multiples et que si la France conserve cette ligne, elle peut éventuellement disparaître : perdre sa substance et son identité.

LP : Une dernière question M. Le Pen. Est-ce que vous pensez que vous aurez marqué les français?

JMLP : Un peu quand même. J’en aurais marqué un certain nombre de millions.

LP : Très bien, merci pour cet entretien.

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